L’ergonomie à travers l’exemple des poignées
L'ergonomie vise à concevoir des activités respectueuses du corps et peu fatigantes. Chez les personnes âgées ou en situation de handicap notamment, il s'agit de soutenir au mieux les capacités physiques et d'éviter les sollicitations excessives des articulations. Les barres d'appui jouent ici un rôle central : elles renforcent la sécurité lors des mouvements de se lever, de s'asseoir ou de rester debout, et permettent de mieux répartir les efforts entre les bras, les jambes et le haut du corps. La position et l’orientation de la poignée sont déterminantes : une poignée en forme de L offre un maximum de flexibilité et de sécurité. En revanche, des poignées mal installées peuvent provoquer des douleurs ou des sollicitations inappropriées.


Dimensions de la pièce
La norme SIA 500 « Bâtiments sans obstacles » ne suffit pas pour les établissements de soins et d’accompagnement tels que les hôpitaux, les centres de rééducation ou les maisons de retraite. Dans ce type de bâtiments, ce sont les exigences spécifiques liées à leur usage qui priment. Les dimensions minimales prescrites par la norme pour les sanitaires (165 × 180 cm ou 180 × 180 cm) sont trop petites pour les soins. Pour les personnes nécessitant des soins intensifs, la pièce devrait offrir au moins 5 m² de surface utile afin de permettre la liberté de mouvement et les soins prodigués par deux soignants. Les proportions de la pièce doivent également être adaptées : pour que les personnes en fauteuil roulant puissent utiliser les toilettes de face et que la porte, les barres d’appui, les toilettes avec douche et les interrupteurs soient correctement placés, une largeur de pièce d’au moins 200 cm est nécessaire.
WC
Idéalement, les toilettes devraient être placées dans un coin de la pièce : cela renforce la sécurité et permet d’installer une barre d’appui en L. Selon la norme SIA 500, la hauteur d’assise est de 46 cm, mais elle doit être adaptée individuellement à la longueur des jambes ; dans les maisons de retraite, il est judicieux d’opter pour des toilettes réglables en hauteur. La saillie (du mur au bord avant) doit être de 65 cm ; dans le privé, elle peut être moindre. Une barre d’appui en L aide à se relever ; une barre rabattable est obligatoire dans les lieux publics, mais généralement facultative dans les résidences pour personnes âgées – où un renfort préinstallé suffit pour un montage ultérieur.


Lave-mains
Le lavabo doit être facilement accessible et ne pas se trouver au-delà de la surface de la douche. Dans les salles de bains adaptées aux soins, un emplacement dégagé offre davantage d’espace aux aidants. La hauteur d'installation est d'environ 85 cm ; une forme plate, accessible en fauteuil roulant, avec un rebord large facilite l'utilisation et offre un appui. Il est recommandé d'utiliser des mitigeurs à levier long ou, si nécessaire, des robinets sans contact (sauf dans les toilettes publiques pour personnes handicapées). Le siphon doit être installé près du mur ou encastré afin de garantir un espace suffisant pour les jambes.
Miroir / armoire de toilette
Selon la norme SIA 500, le miroir des toilettes accessibles aux personnes à mobilité réduite doit être placé de manière à ce que les personnes assises et debout puissent se voir : bord inférieur à 100 cm, bord supérieur à 180 cm. Pour les armoires de toilette, le bord inférieur est situé à 110 cm ; des étagères supplémentaires jusqu’à 140 cm de hauteur facilitent l’utilisation pour les personnes à mobilité réduite. Les miroirs inclinables ne sont pas adaptés. L'éclairage ne doit pas éblouir : l'idéal est d'utiliser des sources lumineuses indirectes et d'assurer un éclairage homogène sans ombres. Au moins une prise électrique doit être accessible à l'extérieur de l'armoire et depuis une position assise (à une hauteur maximale de 110 cm).


Douche
La douche doit être située à l'écart de la porte et des zones d'accès afin de confiner l'eau dans l'espace prévu à cet effet. Dans les établissements de soins, la surface minimale est de 100 × 120 cm, de préférence de forme rectangulaire. Le revêtement doit être antidérapant, mat et présenter un fort contraste. Une pente suffisante (1,5 à 2 %) et une zone de douche clairement délimitée garantissent un bon écoulement des eaux. Les rideaux de douche ou les pare-éclaboussures à mi-hauteur permettent aux soignants d’accéder à la douche. Une barre d’appui en L fixée au mur le plus long (à une hauteur de 70 à 75 cm) aide à s’asseoir et à se relever ; elle peut être complétée, si nécessaire, par un siège de douche (rabattable ou fixe). La robinetterie doit être accessible depuis la position assise (100 à 110 cm), avec un long levier pour faciliter son utilisation. L’éclairage doit offrir au moins 500 lux au sol et 200 lux à la verticale, sans éblouir.
Revêtement du sol
Le sol de la salle de bains doit présenter un indice de résistance au glissement minimal de GB1/A, et celui de la douche de GB2/B. La surface doit être mate (10 unités de brillance au maximum) et présenter un fort contraste afin de faciliter l'orientation et de garantir la sécurité. Un contraste clair-foncé d’au moins 1:3 entre le sol, les murs et la surface de la douche améliore la visibilité. Le sol doit être la surface la plus foncée. Des traitements antidérapants appliqués sur les carrelages ou les receveurs de douche sont possibles et offrent une protection efficace pendant 3 à 5 ans, sans en altérer l’aspect.


Murs
Les murs doivent être clairs (HBW d'au moins 50) et mats afin de réfléchir la lumière de manière optimale. Une teinte claire apporte du confort et facilite l'orientation. Il doit y avoir un contraste d'au moins 1:3 entre le mur et le sol afin que les éléments en céramique de la salle de bains soient clairement reconnaissables et que la sécurité soit renforcée.
Éclairage
Pour un éclairage adéquat dans la salle de bains, il convient d'utiliser des luminaires indirects ou des plafonniers à large faisceau ; les spots encastrés ne sont pas adaptés, car ils éblouissent.
L'éclairement doit être de :
300 à 500 lux à l'horizontale (au sol)
au moins 200 lux à la verticale (à hauteur de tête)
Une lumière blanche neutre (4 000 K) et un indice de rendu des couleurs ≥ 90 sont recommandés. La répartition de la lumière doit être homogène (U₀ ≥ 0,6 pour les personnes âgées ou malvoyantes). Un éclairage d'orientation ou un mode nuit permet d'éviter l'éblouissement lors de l'utilisation des toilettes la nuit.

